L’Eglise Notre-Dame de Loupia

 

L’Eglise Notre-Dame de Loupia

La plus ancienne mention de l’église de Loupia date de 1162 (texte). Un document de 1252 du fonds de Prouilhe, indique que les dîmes de Loupia furent cédées le 3 juin 1252 par l’Evêque de Narbonne au monastère (texte)

Par la suite c’est encore l’Abbé, puis l’Evêque d’Alet qui demeurent les seigneurs temporels du lieu, tout en présentant à la cure.

Les archives provenant d’Alet, étant presque inexistantes, il n’y a guère à signaler pour Loupia qu’un cahier de reconnaissances consenties en 1657, à Monseigneur Nicolas PAVILLON (texte).

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Aucun des documents cités ne fait allusion à l’importance ou à l’état de l’édifice. Les réparations même du XIXème siècle n’ont laissé que peu de traces écrites. Un devis de 1859 prévoit la réfection du sol pour harmoniser avec les nouvelles voûtes. Les embellissements intérieurs du XXème siècle ne laissent rien voir des parties anciennes. Ils ont heureusement épargné l’entrée.

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Descriptif de l’édifice

C’est un édifice à nef unique avec un chevet pentagonal. Les plafonds et les supports ont été modifiés et les fenêtres du chevet sont modernes.

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Au sud de la nef, les deux fenêtres ont des simples formes et sont trilobées. Les murs sont entièrement appareillés avec des hauteurs d’assises comprises entre 22 et 26 centimètres, même aux chaînes d’angles dont les assises correspondent à celles du mur.

Les parements sont en général smillés, bien layés seulement au voisinage du portail et des baies.

Le chevet n’est que très imparfaitement lié aux murs de retour de la nef, et pourrait avoir été reconstruit.

D’après l’inventaire fait par Monsieur Hyvert aux monuments historiques le 14 avril 1948, figurent le portail nord et sud et les sculptures de la façade.

Descriptif du Portail Sud

 

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C’est un arc en tiers-point (arc brisé dans lequel s’inscrit un triangle équilatéral) avec une ouverture de 194 cm et une hauteur sous le sommet de 315 cm.

Niche de gauche

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Il est enrichi de sculptures et encadré par deux niches armoriées. L’arc du portail est constitué par 13 claveaux (pierre taillée en forme de coin d’un arc ou d’une voûte) dont une clé au sommet ; ces claveaux sont assez réguliers, leur longueur totale atteint 73 cm, moulurations comprises. La taille de ces moulures dans la masse est très soignée et sans balèvre (petite saillie accidentelle d’un élément de construction sur un autre, ou une bavure de ciment ou de mortier à un joint).

Niche de droite

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Cette mouluration, de profil identique à l’arc et au piédroit (support latéral pour o moins complexe de l’arc), se compose essentiellement d’un gros boudin à avant-bec méplat, marquant l’angle intérieur de l’encadrement ; ce boudin est renforcé à sa base par deux petits tores (moulure pleine de profil curviligne – courbe) et deux filets. Un petit boudin extérieur à avant-bec méplat se raccorde au précédent par un petit tore, un filet, une gorge de petit diamètre et le filet de base du gros boudin. Celui-ci a son plan de symétrie à 45° sur le plan du mur.

Portail

Les bases, distinctes pour les deux colonnettes, sont carrées et reposent sur un socle commun circonscrit par un biseau (bord taillé obliquement au lieu de former une arête à angle droit) . Les tores de base débordantes reposent sur de petites consoles disposées soit aux angles saillants, soit aux angles rentrants. Aux chapiteaux (élément élargi formant le sommet d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre), on note tout d’abord un retour vertical de l’astragale (moulure marquant dans une colonne la limite du chapiteau et du fut en général tenant ce dernier)  sur l’arête d’encadrement comme si cette moulure aurait dû se prolonger à l’archivolte (face verticale moulurée d’un arc), ou bien se retourner horizontalement pour joindre l’abaque (tablette, assise plus ou moins saillante qui couronne le chapiteau) des culs-de-lampe (élément s’évasant à la manière d’un chapiteau, établi en sailli sur un mur pour porter une charge) latéraux. Pourtant, on n’aperçoit aucune trace de ces prolongements qui ne paraissent pas avoir reçu d’exécution.

Portail

 

La corbeille (partie d’un chapiteau compris entre l’astragale et l’abaque) de chaque petit chapiteau est sommairement ornée de feuilles de chêne verticales et juxtaposées. Les pointes de ces feuilles sont posées vers le haut, sauf au droit de chaque avant-bec ou la feuille est la pointe en bas. L’abaque se compose de trois moulurations étagées. L’archivolte a pour profil deux boudins inégaux, dont le plus gros à l’extérieur. Les deux boudins sont à avant-bec en amande et l’intrados (face intérieure et inférieure d’un arc ou d’une voûte) est creusé d’une petite gorge. Cette mouluration repose sur deux corbeaux sculptés d’une tête de moine.

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La clé du portail est sculptée en relief d’un écu bien conservé où est représenté un agneau passant à dextre portant une croix légèrement inclinée en arrière. Cette croix est fleurdelisée (orné de fleur de lis), oriflammée (bannière en forme de flamme) et accostée à sénestre d’une étoile à 5 branches.

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Au-dessus de la pointe de cet arc, une petite niche est précédée par un support de statue (statuette moderne de la sainte Vierge). Sous le support est sculpté une tête de démon, dont les flammes sortent de la bouche.

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De part et d’autre du portail, le mur est creusé de niches, leur remplage est trilobé (3 lobes – découpe concave en arc de cercle) sous l’arc en plein-cintre (courbure intérieure d’un arc ou d’une voûte) mouluré de deux boudins séparés par une gorge dont les écoinçons sont profondément creusés. Les niches sont vides.

 

Celle de gauche est surmontée par un écu en relief, suspendu par un lien plat retordu ; ces meubles bien conservés sont : en chef, deux animaux passants affrontés ; en pointe, paraissant soutenir la devise du chef, deux animaux dressés dos à dos, les têtes contournées se faisant face. Ce blason n’a pas été identifié et ne répond à aucun de ceux des évêques d’Alet connus (Nicolas Pavillon). Les animaux sont assez difficiles à définir par suite à l’usure des détails. Ce ne sont pas des lions. Il semblerait que ce soit des loups, soit des chiens ou des moutons.

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La niche de droite est surmontée elle aussi d’un écu, mais celui-ci est buché. Comme le précédent il est suspendu par un lien retordu.

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Ces écus de droite et de gauche sont abrités par une pierre en saillie simplement épannelée (dressé une pierre qui doit être moulurée ou sculptée) en glacis.

Descriptif du portail Nord

Ce portail qui est muré est aussi en tiers-point, mais sans mouluration. L’encadrement est toutefois chanfreiné (taillé une pierre de manière oblique et plate) sur une largeur de 105 mm. L’arc comprend deux claveaux, longs de 67 cm, dont une clé médiane un peu plus longue.

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Cette clé est sculptée en relief d’un écu suspendu à un lien retordu, portant un agneau à dextre avec une croix fleurdelisée, oriflammée, légèrement inclinée en arrière. Cette porte servait sans doute d’accès au cimetière qui se trouvait à cette époque dans les alentours de l’église. Aucune fouille n’ayant été faite, on ne peut avec certitude définir l’emplacement. Mais il semblerait que l’ancien cimetière soit positionné dans la zone nord à l’extérieur de l’église.

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Descriptif des peintures intérieures

D’après le récit de Christine Belcikowski

Au-dessus du maître-autel et du retable de sept tableaux trône parmi les nuages d’un ciel de stuc l’agneau de l’Apocalypse, couché sur le livre scellé de sept sceaux.

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« Et je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des vieillards, un agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. Il vint, et il prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l’agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Tu es digne de prendre le livre, et d’en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation… » 4Apocalypse. Chapitre 5.21

Insérés dans des cadres de style XVIIIe siècle, ces tableaux datent de la première moitié du XIXe siècle. La composition de l’ensemble veut que, hormis les deux tableaux extrêmes (le Rosaire et le Saint Antoine ermite), situés chacun sur le pan de mur qui ménage le retour vers la nef, tous les autres tableaux fassent signe, de la gauche vers la droite ou de la droite vers la gauche, en direction du tableau central (l’Assomption). L’ensemble du retable se trouve ainsi animé d’un mouvement fortement dynamique qui en conforte la théâtralité, de style baroque.

Parmi les sept tableaux, on reconnaît les attributs du tétramorphe, i. e. celui des quatre évangélistes.

« Et je vis, et voici qu’un tourbillon de vent venait de l’aquilon, et une grosse nuée, et un globe de feu, et une lumière qui éclatait tout autour; et au milieu, c’est-à-dire au milieu du feu, il y avait une espèce de métal brillant. Et au milieu de ce feu apparaissaient quatre animaux, dont l’aspect avait la ressemblance de l’homme. Chacun d’eux avait quatre faces, et chacun quatre ailes. Leurs pieds étaient droits, et la plante de leurs pieds était comme la plante du pied d’un veau, et ils étincelaient comme l’airain incandescent. Il y avait des mains d’hommes sous leurs ailes aux quatre côtés, et ils avaient aux quatre côtés des faces et des ailes. Les ailes de l’un étaient jointes à celles de l’autre; ils ne se tournaient pas en marchant, mais chacun d’eux allait devant soi. Quant à l’apparence de leurs visages, ils avaient tous les quatre une face d’homme, une face de lion à leur droite, et une face de taureau à leur gauche, et une face d’aigle au-dessus d’eux quatre. » 5Ancien Testament. Livre d’Ezéchiel. I, 1-14.

  • Le taureau est Saint Luc
  • L’aigle est Saint Jean et l’aigle
  • L’homme est Saint Mathieu
  • Le lion est Saint Marc.

A gauche du maître-autel, premier de la série des sept tableaux, le Rosaire.

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De gauche du maître-autel, en suivant, Saint Luc.

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De gauche du maître-autel, en suivant, Saint Jean l’Evangéliste.

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Au centre du retable, derrière le maître autel, l’Assomption.

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A droite du maître-autel, Saint Mathieu à la hache. D’abord lapidé, Mathieu a eu ensuite la tête tranchée d’un coup de hache. Celle-ci est devenue plus tard son attribut.

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A droite du maître-autel, en suivant, Saint Marc.

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A droite du maître- autel, dernier de la série des sept tableaux, Saint Antoine Ermite.

Peintture

Au-dessous du retable, le bel autel de marbre date de l’époque Louis XV, et le tabernacle de la Restauration.

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Ci-dessous : détail de l’antependium. iMi : Iesu Maria Ioseph.

Retable 1

Intérieur 5

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